Christian Meuwly

Récits

Zoom sur l’expo « Elégie »

Parallèlement à mon travail en agence, je tente de poursuivre mes aventures menant à ma prochaine exposition photo Elégie. Chaque sujet photo que je réalise me rapproche un peu plus de cet objectif et me rend chaque jour un peu plus impatient.

C’est un honneur pour moi d’avoir pu compter Rachel Kolly d’Alba parmi mes sujets ! Elle est, à mon sens, ce que notre contrée a produit de mieux en matière de soliste violoniste. Non seulement son jeu forgé dans les flammes de la musique romantique est d’une puissance envoutante, mais sa présence et sa manière d’occuper l’estrade est un pur spectacle. Si vous ne l’avez pas encore entendu interpréter les sonates pour violon et piano de César Franck avec le talentueux Christian Chamorel, empressez-vous de les écouter.

Mon périple me mena ensuite auprès du controversé, redouté, éloquent et admirable orateur Marc Bonnant, qui s’est réjouit de figurer parmi mes sujets d’exposition. Une fois le travail fini « J’adore ! Je vous l’achète, combien vaut la photo ?” Me dit-il, je lui répondis que je ne savais pas, ma démarche n’étant pas celle de la lui vendre « Vous ne pouvez pas constamment vivre dans le désintéressement artistique, empressez-vous de me donner un prix !“ Me dit-il. Inutile de vous raconter ô combien cette collaboration est pour moi symbolique, de part nos métiers nous sommes d’une certaine manière tous deux disciples de Protagoras. Son éloquence est verbale tandis que la mienne est image.

J’étais au Flon, à Lausanne, lorsque je fis la rencontre du cinéaste Fernand Melgar pour la première fois. Après lui avoir fait part du fil conducteur de mon exposition, et le sens que je donnais à sa participation, il me répondit enthousiaste “Très bien, quand voulez-vous que nous nous voyons pour prendre la photo ?“ En mimant de sortir l’appareil de mon étui, je lui répondais “Maintenant ! Mes portraits sont des fragments de vérités, et pour se faire j’ai besoin de spontanéité.“ Nous sommes, de ce pas, allés sur son lieu de travail afin de s’atteler à la tâche. Cette photo sera la dernière qu’il fera dans son bureau, étant sur le point de le restituer, après y avoir travaillé de nombreuses années.

Et je continue mon aventure vers cette série de portraits que je consacre au Romantisme. Dès lors, comment établir un lien entre ces sujets aux univers si contrastés et le Romantisme ? A travers mes photographies aux apparences souffrantes et mélancoliques, je tente de mettre en scène l’éclat héroïque émanant de la dévotion de mes sujets pour leur art ou leur cause, l’existence de ces personnages aurait pu être le fruit de l’imagination d’Alexandre Dumas. Je dévoile cette collection en assumant pleinement l’utilisation de mon logiciel de prédilection, Adobe Photoshop. La post-production aide le photographe dans sa quête, la réalité que nous racontons à travers la photographie étant déjà tronquée au moment même où la photo est prise : prenons le risque de sublimer une perception. L’exposition aura lieu très probablement au courant du mois de novembre 2017.

Mon projet sur le Romantisme à peine terminé, j’élabore déjà le concept de mes prochains travaux qui s’inspirera de la philosophie du Marquis de Sade et du féminisme. Je nous ferai voyager outre les limites morales pour y mettre en scène la violence que nous aimons tant juger et blâmer afin de feindre que nous n’y avons jamais recours. La bienfaisance serait-elle plutôt un vice de l’orgueil qu’une véritable vertu de l’âme ? Prenez place, des faits réels que, par l’image, je vais vous conter.

18 avril 2017