La précarité remonte à la surface telle de l’huile à la surface de l’eau, la nature nous déclare la guerre et rien ne semble pouvoir conjurer cette irréversible tendance, l’Occident se glisse doucement dans son coma. Je suis toujours stupéfait de voir cependant, que ce théâtre pour adultes que les gens nomment politique peut encore susciter de la foi, comme si des solutions magiques pouvaient encore émaner de cette pratique obscure qui n’est plus que la caricature d’elle-même. Non pas que je les juge cyniques et menteurs, mais tout à fait impuissants face à une société qui aspire à une forme de gouvernance nouvelle.


Je veux danser sur des ruines avec des ménades, dynamiter, faire du fumier sur lequelle pourra être réenvisagé un futur, de la merdasse sur laquel repousseront des fleurs, des plus grandes et des plus éclatantes possible, des fleurs dotées d’une vitalité et d’une volonté de grandeur qu’aucune maladie de l’esprit n’aura la force de contredire, de l’engrais comme promesse d’avenir.


Discussion puis conclusion d’un échange avec un biologiste.
Les arbres d’une forêt perdent tout au long de leur vie écorces et feuillages. Par un mécanisme cyclique, cette matière redevient sol et terre et s’absorbe pour à son tour renourrir l’arbre. Prenez maintenant un tas de feuilles d’une seconde forêt et déversez-la dans notre première, elle deviendra un compost.


Je voudrais être ce compost, qui déversé sur des sols déminéralisés leur redonneront une perspective d’avenir, une vie nouvelle. Je suis ce métisse, le même et l’autre, l’autochtone et l’étranger, ce fabuleux passeur, le maestro de la bouze, ce fumier public que l’incessant réchauffement planétaire annoncé pourra faire fermenter, une personnification de l’aliénation, une identité indécise qui à le pouvoir de faire et de défaire, ce type qui à la vue des symptômes d’essoufflement d’un vieux monde, le dynamite par amour.

Suivant
Fresque, De rerum natura
Comments are closed.